A tous ceux qui s’aiment

Dans le vide intergalactique de l’espace et du temps,
Dans l’éternité insondable de l’abysse infinie,
Dans le désert interminable d’un monde sans début ni fin,
Ici, tout au creux de nul part, je t’ai croisé un jour.
J’ai appris à te connaître et je me suis occupé de toi.
Et toi tu me l’as bien rendu.
Le premier jour, à la première heure je t’ai fait, je me suis fait, nous nous sommes fait une promesse.
Tu es vivant et moi aussi alors, cette fois, ce n’est pas un coup d’essai.
Deux mortels qui se font un câlin à jamais.
Dans le vide intergalactique de l’espace et du temps,
Dans l’éternité insondable de l’abysse infinie,
Dans le désert interminable d’un monde sans début ni fin,
Quelle différence?
Pas pour eux, pas pour Lui. Pour moi, pour toi, mais ça c’est notre secret.

C’était un jour nébuleux de Novembre,
J’ai ouvert la fenêtre le jour,
Tout était bien, tout était fort,
Les gens riaient le visage certain,
Le soleil zoukait avec les nuages,
Et la pluie tombait comme des cendres.
Je me suis suivi dans la rue,
Rêvant au lamantin dans mon lit,
Me prélassant les chaussures aux pieds.
Voilà ce matin le voyage que j’ai fait.

J’ai vu ton rire en pièces détachées. Ça m’a rendu coquin.
Puis tout s’en est allé sans agitation.
Et faire la planche sur la mer.
Simplement l’eau mordre nos bras.
Avaler dans son fond peines et joies,
Comme au cinéma.

Je suis sur un radeau perdu
Mon passé se dissout dans un brouillard incertain
Et disparaît comme un rêve
Mes doigts gelés dans l’océan infini
Filent comme la lumière
Dans la rosée qui s’évapore
Des points silencieux dans un ciel noir et vide ont tout vu
Tout, jusqu’au brouillard qui dissout
Même les étoiles dans une lumière blanche

 

Andalousie

Nos corps dansent et volent comme des papillons de sourires
De longues journées le soleil nous brûle

L’orange que je tiens dans ta main
Le rire que tu prends dans mes bras

Le vent chaud est lent ce matin
Comme notre chair assouplit doucement

Vas tu me blesser
Ou danser dans ton Andalousie?

 

Une nuit

J’ai senti la flamme noire
Dans le silence invisible des chats
J’ai trouvé la pénombre dans la femme
L’enfance où je suis quand j’étais petit
J’ai marché sur des routes en Afrique
Aux siècles où l’on croyait la nuit
Je suis revenu sur mes pas
Ebloui par la brise du mystère

Monsieur Coquille

J’imagine un oeuf assis sur un banc
Un oeuf blanc se balance en avant
Du toit de paille s’échappe une fumée
Où nos retrouvailles s’envolaient

J’imagine dans ma vie un musicien hardi
De ses ongles grattant s’échappe une mélodie
Une mélodie sournoise jaillit dans le temps
Le journal déplié jacasse sur le banc

J’imagine un oeuf, un oeuf blanc sur un banc
Lisant un journal usé maintenant
Une femme élégante ajuste ses cheveux
Le bas du bout d’océan