Inconnu

Il est préférable de bien viser et rater la cible, que mal la viser et réussir.

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Pascal

Le présent n’est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

J’ai vu ton rire en pièces détachées. Ça m’a rendu coquin.
Puis tout s’en est allé sans agitation.
Et faire la planche sur la mer.
Simplement l’eau mordre nos bras.
Avaler dans son fond peines et joies,
Comme au cinéma.

Je suis sur un radeau perdu
Mon passé se dissout dans un brouillard incertain
Et disparaît comme un rêve
Mes doigts gelés dans l’océan infini
Filent comme la lumière
Dans la rosée qui s’évapore
Des points silencieux dans un ciel noir et vide ont tout vu
Tout, jusqu’au brouillard qui dissout
Même les étoiles dans une lumière blanche

 

Andalousie

Nos corps dansent et volent comme des papillons de sourires
De longues journées le soleil nous brûle

L’orange que je tiens dans ta main
Le rire que tu prends dans mes bras

Le vent chaud est lent ce matin
Comme notre chair assouplit doucement

Vas tu me blesser
Ou danser dans ton Andalousie?

 

Une nuit

J’ai senti la flamme noire
Dans le silence invisible des chats
J’ai trouvé la pénombre dans la femme
L’enfance où je suis quand j’étais petit
J’ai marché sur des routes en Afrique
Aux siècles où l’on croyait la nuit
Je suis revenu sur mes pas
Ebloui par la brise du mystère

Monsieur Coquille

J’imagine un oeuf assis sur un banc
Un oeuf blanc se balance en avant
Du toit de paille s’échappe une fumée
Où nos retrouvailles s’envolaient

J’imagine dans ma vie un musicien hardi
De ses ongles grattant s’échappe une mélodie
Une mélodie sournoise jaillit dans le temps
Le journal déplié jacasse sur le banc

J’imagine un oeuf, un oeuf blanc sur un banc
Lisant un journal usé maintenant
Une femme élégante ajuste ses cheveux
Le bas du bout d’océan